Trois saisons de fouilles de 1967 à 1969 nous ont permis de mettre au jour des niveaux contenant du matériel archéologique attribué pour les uns au Solutréen (20 000 à 18 000 avant notre ère) pour les autres au Gravettien (28 000 à 24 000 avant notre ère). Delugin, un chercheur de la région, fut le premier à reconnaître le gisement du Malpas qu'il attribua au Solutréen. Plus tard, Denis Peyrony y fit une courte visite et le classa parmi les sites Magdaléniens.

Le lieu-dit du Malpas, situé au confluent du Roumaguet et de la Couze, à peu de distance des JeanBlancs, fait partie de la vallée de la Couze. Occupée dès le Paléolithique moyen par des Néandertals (voir Combe-Capelle), cette vallée tributaire de la Dordogne devint un territoire privilégié des hommes de Cro-Magnon. Les gisements du Colombier, la Gravette, les JeanBlancs, Patary, Combe Capelle et Termo Pialat, alignés le long du versant exposé au sud-sud-ouest, ont livré des niveaux du Paléolithiques supérieur qui s'étagent de l'Aurignacien au Magdalénien (33 000-12 000 avant notre ère).
La falaise d'angle du Malpas se trouvait bien située pour servir de guet. De la terrasse, les chasseurs paléolithiques pouvaient observer le mouvement des troupeaux de chevaux, rennes, bisons ou aurochs dans la vallée de la Couze et surveiller leurs migrations saisonnières entre le plateau et la vallée lorsqu'ils empruntaient le cours du Roumaguet. La terrasse, protégée des vents dominants, offrait une aire favorable à l'habitat et les rognons de silex affleurant sur la pente fournissaient une matière première facilement accessible.

Lorsque notre équipe est arrivée sur le site, le replat situé au pied de la falaise paraissait presque vide de dépôts quaternaires. Toutefois, on pouvait encore voir, accrochés à la falaise, les restes de sédiments consolidés avec quelques artefacts en silex. Aussi pouvait-on penser qu'à l'origine des dépôts contenant un riche matériel archéologique s'étalaient sur une épaisseur de plus d'un mètre. Les carrières creusées dans la falaise à l'époque médiévale pour extraire les blocs destinés à la construction des châteaux voisins avaient certainement contribué à la destruction ou du moins au déplacement des niveaux archéologiques du replat. La culture en terrasse pratiquée sur la pente a ensuite continué la destruction du gisement. L'épais niveau de terre végétale retenu par les murailles en pierres sèches contient de grandes quantités d'outils et de déchets de taille paléolithiques qui proviennent des anciens niveaux du replat et du sommet de la pente.

Le Malpas stratigraphic sequence included Gravettian and Solutrean levels separated by a period of 1000-2000 years.
La séquence stratigraphique du Malpas comprenait d'une part des niveaux gravettiens et de l'autre des niveaux solutréens séparés par un hiatus de 1 000 à 2 000 dans l'occupation du site.
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QUAND LE SITE DU MALPAS-WEST A-T-IL ETE OCCUPE?
On a retrouvé en place dans la brèche, des fragments de pointes à fines retouches bifaciales qui indiquent sans conteste que les niveaux appartenaient au Solutréen, horizon culturel du Paléolithique supérieur. Les dates radiométriques manquent pour le gisement du Malpas mais, dans les sites de la région le Solutréen est daté entre 20 000 et 18 000 avant notre ère. Ce lapse de temps d'environ 2 000 ans correspondrait à la dernière avancée des glaciers scandinaves dans les plaines d'Europe du Nord, donc à une période de climat rigoureux.
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Des analyses de sédiments faites à l'Institut du Quaternaire de l'université de Bordeaux par J.-P. Texier et la détermination des pollens que ces sédiments contenaient faite également à l'Institut du Quaternaire de l'université de Bordeaux par M.-M. Paquereau ont permis de définir l'environnement du gisement à l'époque solutréenne. Ces données ont été renforcées par l'étude de la grande faune dominé par le renne et par celle des rongeurs (Richard Rogers et Larry Martin, Museum of Natural History, University of Kansas) |
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Dans son ensemble le climat était froid pendant la formation des dépôts avec toutefois des variations notables du taux d'humidité. Une steppe froide avec quelques bosquets d'arbres dominait le paysage. A l'exception des pins et des genévriers, les arbres disparaissaient complètement pendant les périodes les plus sèches. Toutefois les bosquets se reformaient assez rapidement en périodes plus humides. Ces oscillations du climat étaient de relativement courte durée et les changements pouvaient être rapides.
![]() Bosquets plus humide Plantes de steppe froide |
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L'analyse factorielle (principal component analysis) faite à partir des données de l'analyse pollinique met en valeur ces observations. Le graphique de gauche illustre les groupements formés par le premier (axe horizontal) et le deuxième facteur (axe vertical): arbres, plantes de sous bois et de milieu humide d'une part, plantes de steppe froide et de milieu sec d'autre part. Le graphique de droite représente la fréquence relative des groupes de végétaux pour chaque niveau de la colonne stratigraphique. Pour le facteur 1, les valeurs négatives correspondent à une tendance plus humide et les valeurs positives à des conditions plus froides et surtout plus sèches. Les zigzags de la ligne obtenue pour le facteur 1 marque l'amplitude des changements climatiques qui se succèdent rapidement d'un niveau à l'autre.
Un des membres de l'équipe de fouille, Richard Rogers, entrepris avec une grande détermination de poursuivre la recherche de niveaux en place sous la falaise à l'extrémité est de la plateforme. Sa persistance lui a permis de retrouver des restes de niveaux archéologiques bien conservés, protégés par une épaisse couche de brèche stérile. La fouille de ce secteur, poursuivie en 1967 et 1968 a mis au jour des niveaux qui contenaient de l'outillage lithique, des ossements et surtout d'importants restes de structures d'habitat.
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Data
Base de données en préparation.
Archives
Archives and collections from the site are located at the Musée National de Préhistoire Les Eyzies-de-Tayac in Les Eyzies-de-Tayac, Dordogne, France.
Publications
Le Malpas Rockshelter by Anta Montet-White with chapters by M.-M. Paquereau, R. Rodgers, and J.-P. Texier, University of Kansas Publications in Anthropology No. 4, 1974.
The book can be ordered from the Anthropology Department, Frazer Hall, The University of Kansas, Lawrence, KS 66045, USA